Le Deuil Perinatal

mai 2009 modifié dans Fausse couche
Le temps de grossesse est le moment des projets, qu’ils soient concrets (acheter le lit, la poussette…) ou plus psychique (se faire à l’idée d’être parents). C’est un temps d’organisation en de nombreux points, donc moment vulnérable. Puis survient le deuil… En pleine phase de maternification, la femme se sent trahie, quand il y a perte d’un enfant, il y a crise dans la crise ce qui induit une importante "désorganisation maternelle" ; véritablement événement traumatique. Naissance et mort, joie et douleur s’entremêlent..

Lors de l’annonce, les parents sont en état de choc, d’une telle force qu’ils peuvent difficilement entendre les autres. Ils ne peuvent plus agir, faire, réfléchir : ils n’ont plus qu’une priorité, en finir, sortir au plus vite ce mal. Ce mal est personnifiée par l’enfant, être en puissance mais pas encore né. Les parents demandent alors d’aller aussi vite que possible et si possible de ne pas être témoin.

La blessure est à la fois narcissique et sur la perte de cet enfant. Narcissique car nous perdons notre rang, notre titre de parents déjà tant investi par nous mêmes.

De plus, même si nous vivons cela en couple, chacun le vit de manière singulière… Etre mère ou père positionne différemment vis à vis du deuil périnatal. La mère a mal de ne pas avoir su mener une grossesse à terme, la chose la plus naturelle au monde… Cet enfant, qu’elle lui manque, avec une notion de vide corporel, il y a une véritable perte que certains assimilent à une amputation. Le père quant à lui vit différemment ce deuil. Il s’en veut de ne pouvoir consoler sa femme, que ce soit physiquement, moralement, même s’il a de la peine pour son enfant perdu…Il a l’impression de ne pas avoir su, de ne pas savoir gérer son rôle de protecteur du foyer. D’où parfois un malentendu, la femme croyant que son mari n’a pas de peine quant à l’enfant perdu ; ce qui n’est évidement pas le cas… Et peut être voir cela comme une richesse. Ne pas éprouver le même mal au même moment permet toujours à l’un de se poser sur l’autre…


Une autre source de blessure, la perte d’un enfant, inconnu, non reconnu aux yeux de tous, donne lieu à un véritable déni social. Le non-évènement que provoque cette perte est insupportable, elle peut engendrer colère, chagrin, révolte.


Cependant, ce temps de deuil doit permettre aux parents de désinvestir cet enfant qu’ils n’ont pas eu le temps de connaitre. D’où l’importance de l’accueil de l’enfant, afin d’ancrer un maximum de souvenirs ensemble. Cependant, cela ne peut empêcher les fantasmes nostalgiques.


Le temps devient à la fois le meilleur allié et le pire… Le meilleur car, malgré tout, le temps apaise les blessures sans entacher les souvenirs, mais le pire, car… nous nous sentons perdus, bouleverser dans nos projets… Peu à peu, il reprendra son cours… Il faut laisser de temps au temps…


Les étapes du Deuil

Le deuil est un moment douloureux où une personne s’adapte suite à une rupture d’un attachement, Le travail de deuil permet de s’attacher à de nouveaux projets


Selon la psychiatre Elisabeth KUBLER ROSS, il existe différentes étapes quand nous vivons un deuil. Bien que chaque deuil soit singulier, il existe un certain nombre d’étapes qui sont systématiquement rencontrées au cours du processus du deuil. Elles ne se déroulent pas obligatoirement selon un ordre logique rigoureux, parfois certaines étapes se mêlent ou réapparaissent.


La Perte : c’est un moment de l’annonce, avec
des réactions immédiates, elles peuvent être somatiques ou relationnelles.

Le Déni : Cette étape est d’autant plus fortement ressentie que l’attachement est rompu de façon soudaine, inattendue (« c’est n’est pas possible, pas moi, pas maintenant »)

La Colère : C’est un moment où on recherche les causes, les coupables du décès, telle chose mangée, tel sport fait juste avant la perte de l’enfant, ….

La Peur : On a peur pour soi ou peur pour les autres, peur ponctuelle ou angoisse globale. Le monde apparaît comme une source de dangers insurmontables. (« Qu’est-ce que je vais devenir, comment vais-je faire face »

La Tristesse : Etape décisive et difficile pour affronter la réalité car on prend conscience que ce qui a été fait a été fait et qu’il n’y a plus rien à faire



La Remontée : On sort de l’impasse, l’espoir renaît
L’Acceptation : Dans cette démarche d’acceptation, c’est la personne qui vit le deuil qui passe au premier plan et non plus l’objet du deuil. « C’est dur mais c’est ainsi et je vais continuer à vivre le mieux possible. »

Le Pardon : Pardon à soi-même, renoncer à l’illusion de la toute puissance, ne plus se laisser envahir par la culpabilité. Ensuite vient le pardon aux auteurs de la perte

Quête du sens : ou le cadeau caché : « grâce au deuil j’ai pu… » Il s’agit de reconnaître et d’accepter que le deuil a permis de faire des choses non envisageables dans l’ancienne situation.

La Sérénité : (accès au nouvel attachement) : La personne a fait la paix avec ce moment de vie sans excès d’émotion. Elle vit dans l’ici et maintenant et ce qui lui arrive aujourd’hui a plus de retentissement que le passé. Si un nouveau projet se dessine, la personne est capable d’y adhérer

Ne pas oublier enfin qu’il peut y avoir, suivant les personnes des dates plus ou moins sensibles : la date présumée d’accouchement, la date anniversaire, la fête des mères, des pères, Noël…

(il existe des sites d'une grande simplicité et pleins d'émotions sur le net à consulter)



[centrer]Les enfants d'une mère sont comme des rêves. Aucun n'est aussi merveilleux que les siens[/centrer]
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